Kiné libéral • Prévoyance • CARPIMKO

Prévoyance kiné libéral : IJ, CARPIMKO, invalidité métier et frais généraux

Un kinésithérapeute libéral dépend directement de sa capacité physique à exercer. La prévoyance doit donc sécuriser les arrêts courts, les arrêts longs, l’invalidité et les charges fixes du cabinet.

Publié le Mis à jour le Par L’Annexe Protection Sociale 7 min de lecture

Prévoyance kiné : ce qu’il faut retenir

Pour un kiné libéral, la prévoyance n’est pas un contrat “standard”. Elle doit tenir compte d’un métier physique : manipulations, déplacements, station debout, douleurs lombaires, épaules, poignets, mains. Le vrai enjeu : maintenir le revenu si vous ne pouvez plus assurer vos séances.

Arrêt court

IJ complémentaires

Franchise à choisir selon votre trésorerie : 7, 15, 30 ou 90 jours.

Arrêt long

Relais CARPIMKO

À intégrer, sans croire qu’il suffit à couvrir tout le revenu.

Risque lourd

Invalidité métier

Le barème est aussi important que le montant de rente.

Arrêt maladie kiné libéral : CPAM puis CARPIMKO

Les kinésithérapeutes libéraux conventionnés relèvent du régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés. En cas d’arrêt maladie, les professionnels libéraux peuvent être indemnisés par la CPAM pendant les 90 premiers jours, avec un délai de carence de 3 jours. La CARPIMKO intervient ensuite à partir du 91e jour d’arrêt.

Période Qui intervient ? Vigilance
Jours 1 à 3 Carence Pas d’indemnité maladie en principe pendant les 3 premiers jours.
Jour 4 à jour 90 CPAM / Assurance Maladie IJ calculées selon les revenus cotisés, avec plafonnement.
À partir du 91e jour CARPIMKO Allocation journalière du régime invalidité-décès, selon conditions.
En complément Prévoyance privée Comble l’écart entre revenu réel, charges du foyer et prestations obligatoires.

Les règles exactes dépendent de votre situation, de vos revenus déclarés, de votre ancienneté d’affiliation et du motif d’arrêt.

Les garanties clés pour un kinésithérapeute libéral

1. Indemnités journalières complémentaires

Elles servent à maintenir un revenu pendant l’arrêt. Le montant doit être cohérent avec votre revenu réel, vos charges personnelles et les prestations du régime obligatoire.

2. Invalidité professionnelle

Une atteinte du dos, de l’épaule, du poignet ou de la main peut limiter fortement l’activité, même si l’invalidité “fonctionnelle” paraît faible.

3. Frais généraux du cabinet

Loyer, matériel, logiciel, assistant, charges, emprunt : certaines dépenses continuent même si les séances s’arrêtent.

4. Décès / PTIA / rentes famille

Le capital décès et les rentes éducation ou conjoint doivent être calibrés selon crédits, enfants, conjoint et patrimoine.

Franchise IJ : le bon compromis pour un kiné

La franchise correspond au délai avant indemnisation par votre contrat complémentaire. Elle doit être choisie en fonction de votre trésorerie disponible et de la capacité du cabinet à absorber un arrêt.

Franchise Profil adapté Lecture courtier
7 jours Trésorerie courte, charges personnelles importantes. Très protecteur, mais plus cher.
15 jours Bon compromis si les réserves sont limitées. Souvent pertinent en activité physique.
30 jours Trésorerie correcte, foyer avec second revenu. Équilibre coût/protection.
90 jours Trésorerie solide, priorité arrêt long/invalidité. Attention au trou de revenu avant la CARPIMKO.

Invalidité métier : le point sensible pour les kinés

Chez un kiné, une invalidité ne s’apprécie pas seulement sur la vie courante. Elle doit être rapprochée de la capacité réelle à manipuler, porter, mobiliser, réaliser des soins, conduire et maintenir une journée complète.

Barème professionnel

Prend en compte l’impact sur le métier. À privilégier quand il est accessible.

Barème fonctionnel

Mesure l’atteinte dans la vie courante. Peut être moins favorable pour un métier physique.

Barème croisé

Combine les deux. Il faut lire les seuils et pondérations.

Exemple : une limitation durable du poignet ou de l’épaule peut empêcher certains actes, même si l’atteinte n’est pas considérée comme totale dans la vie courante. C’est exactement pour cela qu’il faut analyser le barème.

Frais généraux : protéger le cabinet, pas seulement le revenu

Beaucoup de contrats couvrent le revenu personnel, mais pas les charges qui continuent pendant l’arrêt. Pour un cabinet de kiné, la garantie frais généraux peut éviter de puiser dans la trésorerie ou de désorganiser l’activité.

Charges possibles

  • Loyer du cabinet ou quote-part de SCM.
  • Matériel professionnel et crédit associé.
  • Logiciel métier, comptabilité, téléphone, abonnements.
  • Assistant, secrétariat, remplaçant selon contrat.
  • Assurances, emprunts, frais fixes récurrents.

Calibrage recommandé

  • Lister les charges fixes réellement maintenues.
  • Écarter les dépenses qui cessent avec l’activité.
  • Choisir une durée d’indemnisation adaptée.
  • Vérifier les justificatifs demandés en cas de sinistre.

Exemples de profils kiné

Profil Priorité Montage à étudier
Jeune installé Sécuriser les charges et le revenu rapidement. IJ socle + franchise 15 ou 30 jours + invalidité métier.
Cabinet avec charges fixes Maintenir l’équilibre du cabinet. IJ + frais généraux + décès/invalidité.
Kiné avec crédit immobilier Protéger foyer + échéances. IJ + rente invalidité + capital décès + cohérence emprunteur.
Fin de carrière Éviter la sur-assurance tout en gardant le risque lourd. Révision franchises, invalidité, décès et coût global.

Les 8 erreurs fréquentes à éviter

1. Comparer seulement le prix. Les franchises, exclusions et barèmes peuvent changer toute l’indemnisation.
2. Choisir une franchise de 90 jours sans trésorerie. Le trou de revenu peut être difficile à absorber avant le relais CARPIMKO.
3. Sous-estimer l’invalidité. Le métier de kiné dépend fortement du corps, des mains, du dos et de l’endurance.
4. Oublier les frais généraux. Les charges du cabinet ne s’arrêtent pas toujours avec l’activité.
5. Négliger les exclusions dos/psy. Elles doivent être lues précisément dans la notice.
6. Mal déclarer son activité. Cabinet, domicile, actes, sport ou activité annexe doivent être cohérents avec le contrat.
7. Ne pas coordonner avec l’assurance emprunteur. Prévoyance et emprunteur ne couvrent pas le même besoin.
8. Ne jamais réviser le contrat. Revenus, charges, famille et crédits évoluent : la prévoyance doit suivre.

Repères officiels à vérifier selon votre situation

Les montants et conditions peuvent évoluer. Ces liens servent de repères ; l’analyse finale doit toujours être adaptée au statut, aux revenus et au contrat étudié.

Vous êtes kiné libéral ?

On vérifie vos IJ, votre franchise, votre invalidité, vos frais généraux, vos exclusions et la cohérence avec la CARPIMKO.

Être rappelé sous 24h

FAQ — Prévoyance kiné libéral

Quelle franchise IJ choisir pour un kiné ?

La franchise dépend de la trésorerie. 15 ou 30 jours est souvent un compromis, mais 7 jours peut être pertinent si les charges sont fortes.

La CARPIMKO suffit-elle en arrêt long ?

Elle intervient à partir du 91e jour, mais il faut comparer le montant attendu au revenu réel, aux charges personnelles et aux charges du cabinet.

Pourquoi regarder le barème invalidité ?

Parce qu’un kiné peut être fortement limité dans son métier sans être considéré comme totalement invalide dans la vie courante. Le barème conditionne le déclenchement et le montant de la rente.

Les frais généraux sont-ils indispensables ?

Ils sont utiles si le cabinet conserve des charges pendant l’arrêt : loyer, matériel, logiciel, emprunt, assistant, secrétariat ou remplaçant.

À lire aussi