Publié le 8 septembre 2026

Congé supplémentaire de naissance : 58 jours pour valider un trimestre de retraite

Depuis le 1er juillet 2026, ce nouveau congé peut ouvrir un droit à la retraite de base. Salariés, dirigeants assimilés salariés et travailleurs indépendants sont concernés, mais le seuil de 58 jours indemnisés est déterminant.

Par Retraite6 min de lecture

À retenir

  • 58 jours indemnisés, continus ou non, permettent de valider un trimestre assimilé.
  • Le droit concerne aussi les travailleurs indépendants, sous réserve des conditions d’ouverture et de cessation temporaire d’activité.
  • Un seul trimestre peut être validé par parent et aucun revenu n’est reporté au compte carrière pour cette période.

Retraite & relevé de carrière

Le bon réflexe : contrôler l’inscription du trimestre

La transmission doit normalement être effectuée entre l’Assurance Maladie et l’Assurance retraite. En cas d’absence sur le relevé de carrière, l’attestation précisant les périodes indemnisées permet de demander une régularisation.

L’analyse doit distinguer durée d’assurance, périodes cotisées, revenus reportés et éventuels droits complémentaires.

58 jours indemnisés : le seuil qui déclenche le trimestre

Le congé supplémentaire de naissance est indemnisé depuis le 1er juillet 2026. Chaque parent peut choisir une durée d’un ou de deux mois. Le congé de deux mois peut être pris en une seule fois ou fractionné en deux périodes d’un mois.

Pour la retraite de base, la durée du congé choisie ne suffit pas : il faut totaliser au moins 58 jours effectivement indemnisés. Les jours peuvent être continus ou non. Un seul mois de congé ne permet donc pas d’atteindre le seuil.

La règle est individuelle. Si les deux parents totalisent chacun 58 jours indemnisés, chacun peut obtenir un trimestre sur son propre compte retraite. Le nombre d’enfants n’augmente pas ce droit : une naissance multiple ne permet pas de valider plusieurs trimestres au titre du même congé.

Durée indemniséeEffet sur la retraite de base
1 moisSeuil de 58 jours non atteint : aucun trimestre au titre de ce congé
2 mois continus1 trimestre assimilé si au moins 58 jours sont indemnisés
2 périodes d’un moisLes jours s’additionnent ; 1 trimestre dès que le total atteint 58 jours

Salarié, président de SAS ou travailleur indépendant : qui est concerné ?

La circulaire CNAV ne réserve pas le dispositif aux salariés. Elle vise notamment les salariés du privé, les assurés rattachés au régime général, les artistes-auteurs et les travailleurs indépendants relevant du régime de l’Assurance retraite.

Un président de SAS ou de SASU rémunéré relève en principe du régime général comme assimilé salarié, sans être pour autant salarié au sens du droit du travail du seul fait de son mandat. Les conditions et formalités doivent donc être vérifiées auprès de la CPAM selon sa situation exacte. Pour un artisan, commerçant ou gérant majoritaire, le dispositif suppose une cessation temporaire de l’activité et relève des règles propres aux indépendants.

L’ouverture du droit n’est donc pas automatique du seul fait d’être parent. Il faut respecter les conditions d’affiliation, d’indemnisation et d’interruption de toute activité professionnelle prévues pour son statut.

Salarié

Le congé suspend le contrat de travail. La demande est adressée à l’employeur, qui transmet les informations nécessaires à la caisse d’assurance maladie.

Travailleur indépendant

L’activité doit être temporairement interrompue. La demande d’indemnisation s’effectue au moyen du téléservice prévu à cet effet.

Un trimestre assimilé, mais pas un trimestre cotisé

Le trimestre accordé est un trimestre assimilé. Il est pris en compte dans la durée d’assurance et pour déterminer le taux de calcul de la retraite de base. Il peut ainsi éviter qu’une période d’interruption crée une année incomplète.

En revanche, aucune rémunération ni aucun revenu professionnel n’est porté au relevé de carrière au titre de ce congé. Cette période n’améliore donc pas le revenu annuel retenu pour calculer la pension.

La distinction est également importante pour les dispositifs qui exigent une durée effectivement cotisée. Le trimestre peut être retenu pour certaines conditions de durée d’assurance, mais il ne devient pas pour autant un trimestre cotisé, notamment pour apprécier la durée cotisée exigée dans le cadre d’une carrière longue ou de la surcote.

À ne pas confondre

« Valider un trimestre » ne signifie pas nécessairement obtenir un trimestre supplémentaire. Le total reste limité à quatre trimestres par année civile. Si quatre trimestres sont déjà validés au titre de l’activité, ce congé ne crée pas un cinquième trimestre.

Sur quelle année le trimestre est-il inscrit ?

Le trimestre est rattaché à l’année civile au cours de laquelle intervient le 58e jour d’indemnisation. Cette règle compte lorsque le congé est fractionné ou lorsqu’il chevauche deux années.

Exemple : un parent est indemnisé 28 jours en février 2027 puis 30 jours en avril 2027. Le total atteint 58 jours en avril : le trimestre est inscrit sur l’année 2027.

Autre situation : un congé débute en novembre 2026 et se termine en janvier 2027. Si le 58e jour tombe en décembre 2026, le trimestre est porté au compte de 2026, même si le congé se termine l’année suivante.

Comment vérifier la validation sur le relevé de carrière ?

Les périodes indemnisées doivent normalement être transmises par la branche maladie à la caisse de retraite compétente. Cette transmission permet l’inscription du trimestre sans démarche supplémentaire de l’assuré.

Il reste prudent de conserver l’attestation ou le bordereau précisant les périodes de versement des indemnités journalières. Si le trimestre n’apparaît pas sur le relevé de carrière, ce justificatif pourra être demandé pour régulariser le compte.

Le contrôle est particulièrement utile lorsqu’une année comporte peu de revenus, une interruption d’activité ou un changement de régime. Un audit du relevé de carrière permet alors de distinguer les trimestres validés, les périodes cotisées et les éventuelles anomalies.

Notre méthode de conseil

L’Annexe Protection Sociale analyse les droits à retraite à partir du relevé de carrière, du statut professionnel et des justificatifs disponibles. Une période assimilée ne se lit pas comme une période cotisée : son effet dépend du nombre de trimestres déjà validés dans l’année et de l’objectif étudié.

Le cabinet ne réalise pas les démarches d’indemnisation du congé. Son intervention porte sur la lecture de la carrière, l’identification des périodes manquantes et la cohérence globale de la préparation de la retraite.

Pour continuer

Retraite & carrière

Du congé indemnisé au trimestre réellement inscrit

Trois vérifications simples permettent de sécuriser la prise en compte de cette période dans la carrière.

1

Conserver les justificatifs

Attestation d’indemnisation, dates exactes et éventuel fractionnement du congé.

2

Contrôler l’année retenue

Le trimestre doit apparaître sur l’année du 58e jour indemnisé.

3

Mesurer son effet réel

Vérifier s’il complète l’année et distinguer trimestre assimilé et trimestre cotisé.

Questions fréquentes

Combien de jours faut-il pour valider un trimestre de retraite ?

Il faut totaliser au moins 58 jours indemnisés au titre du congé supplémentaire de naissance. Ces jours peuvent être continus ou répartis entre deux périodes.

Le congé supplémentaire de naissance concerne-t-il les indépendants ?

Oui. Les travailleurs indépendants relevant du régime de l’Assurance retraite peuvent en bénéficier sous réserve des conditions d’ouverture des droits et de cessation temporaire d’activité.

Le trimestre obtenu est-il un trimestre cotisé ?

Non. Il s’agit d’un trimestre assimilé : il compte pour la durée d’assurance et le taux, mais aucun revenu n’est reporté au compte carrière pour cette période.

Sources utiles

Article rédigé à partir des textes officiels et d’une veille professionnelle diffusée par le Groupe SOFRACO, dont L’Annexe Protection Sociale est membre.

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