À retenir avant de comparer deux contrats
Le barème professionnel mesure surtout les conséquences de l’état de santé sur le métier réellement exercé. Le barème fonctionnel mesure davantage l’atteinte globale aux fonctions physiques ou psychiques. Le barème croisé combine les deux taux selon une méthode prévue au contrat.
Pour un indépendant dont l’activité repose sur des gestes techniques, une posture, la précision, la mobilité ou la capacité à se concentrer, cette différence peut devenir déterminante. Le bon réflexe consiste donc à lire la définition contractuelle de l’invalidité avant de regarder le montant maximal de rente.
2) Le seuil d’intervention ne suffit pas
Certains contrats prévoient une invalidité partielle à partir d’un taux donné, puis une invalidité totale à partir d’un seuil supérieur. Il ne faut pas lire ces chiffres isolément : le taux doit d’abord être obtenu selon le barème prévu, puis la rente est calculée selon la formule contractuelle.
Une rente annoncée à 30 000 € par an ne signifie donc pas nécessairement que 30 000 € seront versés dès qu’une invalidité est reconnue. En invalidité partielle, la prestation peut être proportionnelle au taux, appliquer une formule de type T/66, une table spécifique ou une autre méthode. Les termes varient d’un contrat à l’autre.
3) Quel barème privilégier selon le métier ?
Il n’existe pas de réponse universelle. Pour un artisan, un professionnel de santé, un restaurateur, un paysagiste ou un métier nécessitant une forte capacité physique, la lecture professionnelle prend souvent une importance centrale. Pour une activité plus sédentaire, la qualité du contrat dépendra aussi de la définition des troubles psychiques, neurologiques ou cognitifs.
- Vérifier que le métier assuré correspond à l’activité réellement exercée.
- Contrôler si l’assureur tient compte d’une autre activité que l’assuré pourrait théoriquement exercer.
- Lire la méthode de croisement, et pas seulement l’expression « barème croisé ».
- Identifier le seuil de rente partielle et le seuil de rente totale.
- Contrôler la durée de versement et la revalorisation éventuelle.
4) Expertise médicale et contestation
Le taux est généralement apprécié à partir du dossier médical, des limitations constatées et des règles prévues dans le contrat. Une expertise peut être demandée. Le dossier professionnel est tout aussi utile lorsque le barème tient compte du métier : description des gestes, temps de travail, contraintes, déplacements, port de charges, précision manuelle ou responsabilités.
En cas de désaccord, les modalités de contre-expertise ou d’arbitrage figurent dans la notice. Elles doivent être connues avant un sinistre, car les délais et la procédure peuvent conditionner la contestation.