Publié le 23 septembre 2026

Arrêt de travail TNS : ce qui change depuis le 1er septembre 2026

Depuis le 1er septembre 2026, la prescription des arrêts de travail est davantage encadrée : 31 jours maximum pour un arrêt initial et 62 jours pour chaque prolongation, sauf dérogation médicalement justifiée. Pour les TNS, le sujet est surtout administratif et doit être distingué des garanties du contrat de prévoyance.

Par Prévoyance7 min de lecture

À retenir

  • Depuis le 1er septembre 2026, une première prescription d’arrêt de travail est en principe limitée à 31 jours.
  • Chaque prolongation est en principe limitée à 62 jours.
  • Une durée supérieure reste possible lorsque le professionnel de santé justifie médicalement la dérogation.
  • Le prescripteur doit désormais renseigner le motif médical de l’arrêt à destination du service médical de l’Assurance Maladie.
  • Ces règles ne constituent pas une baisse générale des indemnités journalières et ne modifient pas, à elles seules, les garanties d’un contrat privé de prévoyance.

Prévoyance TNS

Un arrêt administratif conforme ne suffit pas à vérifier votre niveau de protection

Le régime obligatoire et le contrat de prévoyance répondent à des règles différentes. Pour un TNS, il faut vérifier séparément le montant des indemnités du régime obligatoire, la franchise du contrat privé, le revenu assuré, la durée d’indemnisation et la définition de l’incapacité ou de l’invalidité.

Ce qui change exactement depuis le 1er septembre 2026

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a renforcé l’encadrement de la prescription des arrêts de travail. Le décret n° 2026-498 du 12 juin 2026 fixe désormais deux plafonds : 31 jours pour une première prescription et 62 jours pour chaque prolongation.

Ces plafonds s’appliquent aux prescriptions et prolongations établies à compter du 1er septembre 2026. Ils concernent les arrêts pour maladie, hors accident du travail et maladie professionnelle. Si l’état de santé du patient nécessite une durée supérieure, le professionnel de santé peut déroger au plafond à condition de motiver cette durée au regard de la situation médicale et, lorsqu’elles existent, des recommandations de la Haute Autorité de santé.

Autre évolution importante : le prescripteur doit indiquer les éléments d’ordre médical et le motif justifiant l’interruption de travail. Cette information est destinée au service médical de l’Assurance Maladie. La réforme vise donc d’abord la justification médicale et la durée de la prescription.

Artisans, commerçants, professions libérales : quels TNS sont concernés ?

L’Assurance Maladie a intégré ces nouvelles durées dans ses pages dédiées aux artisans, commerçants et chefs d’entreprise indépendants, mais également aux professionnels libéraux pouvant percevoir des indemnités journalières.

Pour ces assurés, un arrêt initial nécessitant plus de 31 jours conduit donc, en principe, à revoir le professionnel de santé pour établir une prolongation. Une prolongation peut couvrir jusqu’à 62 jours. Une prescription plus longue reste possible lorsque la situation médicale justifie une dérogation.

Les droits aux indemnités journalières restent toutefois dépendants du statut, des conditions d’affiliation, des revenus et des règles propres au régime concerné. Tous les indépendants ne disposent donc pas d’une protection identique. C’est précisément l’une des raisons pour lesquelles une prévoyance TNS complémentaire doit être calibrée à partir de la situation réelle de l’assuré.

Ce qui ne change pas : la réforme ne baisse pas automatiquement vos indemnités

Le terme « modification de la prise en charge » peut prêter à confusion. La réforme entrée en vigueur le 1er septembre 2026 ne crée pas, à elle seule, une baisse générale du montant des indemnités journalières. Elle encadre la manière dont l’arrêt doit être prescrit.

Le délai de carence, le mode de calcul des indemnités journalières et leur durée de versement continuent à dépendre du régime de l’assuré et des conditions applicables à son statut. Pour un contrat privé de prévoyance, les garanties contractuelles restent également définies par les conditions générales et particulières du contrat.

Il faut donc distinguer trois niveaux : la prescription médicale de l’arrêt, l’indemnisation éventuelle par le régime obligatoire et l’indemnisation complémentaire prévue par la prévoyance privée.

ÉlémentDepuis le 1er septembre 2026
Arrêt initial31 jours maximum en principe
Prolongation62 jours maximum par prolongation en principe
Durée supérieurePossible avec justification médicale de la dérogation
Motif médicalDoit être renseigné par le prescripteur pour le service médical
Montant des IJPas modifié automatiquement par cette réforme de prescription
Contrat de prévoyance privéGaranties inchangées sauf évolution contractuelle spécifique

Pourquoi cette réforme intéresse directement la prévoyance TNS

Dans un dossier de prévoyance, la régularité de l’arrêt et la continuité des justificatifs sont importantes. Les assureurs demandent généralement des pièces permettant d’établir l’incapacité de travail et peuvent solliciter, selon le contrat, l’avis d’arrêt, les décomptes d’indemnités journalières du régime obligatoire ou d’autres documents médicaux et administratifs.

La réforme implique donc davantage de vigilance pour les arrêts longs. Un indépendant arrêté plusieurs mois peut être amené à disposer de plusieurs prescriptions successives plutôt que d’un arrêt initial couvrant toute la période. Il faut conserver chaque document et éviter toute rupture entre les périodes prescrites.

Cette évolution ne signifie cependant pas qu’une décision de la CPAM oblige automatiquement l’assureur privé à indemniser. Un contrat de prévoyance conserve ses propres conditions : franchise, définition de l’incapacité, exclusions, règles de cumul et éventuelle expertise médicale. À l’inverse, l’absence ou le faible niveau d’indemnisation du régime obligatoire ne suffit pas à déterminer le montant versé par le contrat privé.

Exemple pratique : un arrêt de trois mois

Un professionnel indépendant doit cesser son activité pendant environ trois mois. Depuis le 1er septembre 2026, son médecin peut prescrire un arrêt initial allant jusqu’à 31 jours, puis une prolongation pouvant aller jusqu’à 62 jours. Si la situation nécessite une prescription plus longue, une dérogation médicalement justifiée reste possible.

Côté prévoyance, il faut ensuite regarder la franchise du contrat. Avec une franchise maladie de 30 jours, le contrat privé peut, selon ses conditions, commencer à intervenir après cette période. Avec une franchise de 90 jours, l’arrêt peut arriver presque à son terme avant le début d’une éventuelle indemnisation. La nouvelle règle de prescription ne change pas cette franchise : elle rappelle surtout l’importance de bien distinguer les règles du régime obligatoire de celles du contrat complémentaire. Pour retrouver les principes généraux, les délais de carence et les points à vérifier, consultez aussi notre guide sur l’arrêt de travail des TNS.

Les bons réflexes pour un TNS en arrêt de travail

1. Vérifier les dates

Les périodes prescrites et leurs éventuelles prolongations doivent être cohérentes et se suivre sans rupture injustifiée.

2. Conserver tous les justificatifs

Avis d’arrêt, prolongations, décomptes d’IJ et courriers de la caisse peuvent être nécessaires pour le dossier d’assurance.

3. Relire la franchise du contrat

Une franchise de 15, 30, 60 ou 90 jours change fortement le niveau de protection lors d’un arrêt de courte ou moyenne durée.

4. Vérifier le revenu réellement assuré

Le montant garanti doit rester cohérent avec le revenu professionnel et les prestations du régime obligatoire.

Pour continuer

Arrêt de travail & prévoyance

Trois vérifications avant de considérer sa protection comme suffisante

1

Régime obligatoire

Identifier les IJ réellement dues selon votre statut et votre revenu.

2

Franchise

Mesurer la période pendant laquelle vous restez sans indemnité complémentaire.

3

Invalidité

Vérifier la définition retenue et le barème applicable à votre profession.

Questions fréquentes

Quelle est la durée maximale d’un arrêt initial depuis le 1er septembre 2026 ?

La première prescription est plafonnée à 31 jours. Une durée plus longue reste possible si le professionnel de santé justifie médicalement la dérogation.

Combien de temps peut durer une prolongation d’arrêt de travail ?

Chaque prolongation est plafonnée à 62 jours, sauf dérogation médicalement justifiée par le professionnel de santé.

La réforme réduit-elle les indemnités journalières des TNS ?

Non. La réforme du 1er septembre 2026 porte sur la prescription et sa durée. Elle ne modifie pas, à elle seule, le mode de calcul des indemnités journalières ni la franchise d’un contrat de prévoyance privé.

Les nouvelles règles concernent-elles les artisans et les professions libérales ?

Oui. L’Assurance Maladie applique notamment ces plafonds aux artisans, commerçants et professionnels libéraux bénéficiant d’un arrêt de travail indemnisable, sous réserve des règles propres à leur statut.

Sources utiles

Article d’information générale rédigé à partir des textes officiels disponibles au 23 septembre 2026. Les conditions d’indemnisation dépendent du statut de l’assuré et, pour la prévoyance privée, des dispositions du contrat souscrit.

Votre franchise et vos indemnités sont-elles adaptées ?

Un arrêt de travail révèle rapidement les écarts entre régime obligatoire, revenu à protéger et garanties privées. Nous pouvons analyser votre situation et les clauses de votre contrat de prévoyance.